Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 08:18

Rapport « BERTSCH » : Une architecture européenne pour une nouvelle offre publique de formation : Éducation Populaire contre Éducation nationale.

 

Joël BUESSLER - Ofaq

 

Le 26 novembre 2007, Valérie PECRESSE, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports et Bernard LAPORTE, secrétaire d'état chargé des sports, commandaient au professeur Jean BERTSCH un rapport sur l'offre de formation dans les secteurs de l'activité physique, du sport et de l'animation.

 

Ce rapport rendu le 06 mai dernier fait un certain nombre de constats sur la complexité et la contradiction des filières de l'enseignement du sport et de l'animation. Deux ministères se disputent historiquement ces secteurs, celui de la jeunesse et des sports promoteur de l'éducation populaire et celui de l'enseignement supérieur support d'un enseignement universitaire.

Le création récente des DEJEPS et DESJEPS, la supression annoncée des BEES et la mise aux normes européennes des diplômes sont d'autant d'évènements qui rendent la lecture de l'offre encore plus floue.

 

Après une analyse approfondie et une série d'entretien avec les principaux acteurs du monde de l'animation et du sport, Jean BERTSCH fait 20 propositions pour réorganiser l'offre publique de formation des ces secteurs.

 Ces mesures, si elles sont retenues, transformeront l'architecture et la répartition des compétences pour les formations aux métiers de l'animation et du sport. Elles encouragent, pour la plupart, un rapprochement des deux ministères pour la définition conjointe de référentiels, la répartition des lieux de formation, la double tutelle, l'échange de formateurs ...  ces mesures visent également à rendre plus lisible l'architecture de formation à l'échelle européenne en simplifiant les intitulés des diplômes et des spécialisations.

 

Les propositions du rapport « BERTSCH » :

 

En quelques lignes les principales mesures préconisées

 

Adapter et simplifier le BPJEPS :

D'abord alléger le dispositif en regroupant certaines UC (10 actuellement) pour les ramener à 4 ou 5. Ensuite simplifier les intitulés et la liste des disciplines pour limiter les supports techniques et les mentions « microscopiques. Et enfin, revoir les modalités de certification pour réduire le nombre de jury.

 

Des CQP sport et animation

Développer les CQP (certificats de qualification professionnelle) dans  l'encadrement sportif qualifié, les sports de loisirs et de plein air. Ils concernerait les cadres sportifs en  emplois saisonnier, secondaires ou à temps partiel qui interviennent ponctuellement auprès du public.

Ils s'appuieraient sur les diplômes fédéraux (initiateurs, moniteurs...) et s'inspireraient de leurs référentiels.

 

Pour l'animation, se serait un formation CQP d'animateur périscolaire pour les besoins d'encadrement saisonnier des accueils de loisirs et des séjours vacances. Le référentiel de cette formation permettrait des allégements pour une éventuelle poursuite dans un BPJEPS

 

La commission préconise 200 à 250 h de formation, ce qui correspond à peut près à la formation Bafa stage pratique inclus. Cette mesure serait le coup de grâce donné au Bafa et à sa dimension non professionnelle et d'engagement volontaire.

 

Les activité aquatiques traitées à part :

Pas de nouvelle réglementation mais un accès simplifié aux fonctions d'encadrement des activités aquatiques aux titulaires d'une certification STAPS. Ceci en simplifiant les textes pour une application plus large de l'article D332.15 qui dit en substance que les diplômes entrant dans le cadre de l'article L212.1 peuvent également encadrer et surveiller les baignades.

 

Création d'un nouveau diplôme niveau III, le BTS Sport et Animation et suppression du DEJEPS et du DEUST animation.

C'est la proposition la plus spectaculaire puisqu'elle noierai dans l'oeuf  la nouvelle filière JEPS dont les formations commençaient juste à être habilitées et dont les premières promotions viennent juste de débuter. Le Deust dont la disparition à moyen terme était annoncée, n'aurait plus que quelques mois devant lui.

 

Ils seraient remplacés par un BTS Sport et Animation en co-tutuelle et en co-délivrance Ministère Jeunesse et sports et Ministère de l'enseignement supérieur à l'instar du BTS ESF ou du BTS Tourisme qui sont également en double tutelle.

 

Trois mentions pour le BTS SA :

Entraînement sportif avec des spécialités par compétence disciplinaire ou fédérale.

Activité physique avec des spécialités selon les publics, les situations, multi compétences ou multi disciplinaires.

Animation sans spécialités

 

Les CREPS,les organismes agrées et les UFR Staps seraient les seuls à pouvoir organiser ce BTS SA et ce en fonction de leur spécialité. L'ouverture à la profession et aux organismes de formations privées issus de l'éducation populaire disparaîtrait au profit de la volonté de rapprochement des deux ministères.

 

On rebaptise les licences et on supprime le DESJEPS pour un niveau II intégrant la filière LMD:

La licence générale « Ergonomie et Optimisation de la Performance » entrerait dans l'architecture Universitaire avec comme vocation essentielle la poursuite en Master.

 

La licence professionnelle mention « entraînement sportif » avec spécialité deviendrait le niveau II professionnel pour les entraîneurs sportifs.

 

La licence professionnelle mention «  activité physique » reprendrait toutes les anciennes licences pro de la filière Staps.

 

Et enfin, une licence professionnelle « animation professionnelle » qui regrouperait toutes les anciennes dénomination du secteur (60 actuellement) en 4 principales.

 

Habilitées par le MESR et installée à l'INSEP, elles seraient dispensée par les CREPS ou les UFR Staps en fonction des spécificité et des pôles de compétences..

 

Des Masters pour le niveau I:

L'INSEP se verrait attribué un nouveau statut, celui de « Grand établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel »((EPSCP), et verrait son diplôme « maison » reconnu au grade de Master avec l'option « entraînement sportif de haut niveau » assortie d'une spécialité sportive.

 

 Les UFR STAPS développeraient quant à elles des Masters « enseignement » pour la formation des futurs enseignants d'EPS.

 

Une nouvelle agence de régulation du système , l'ARFAS :

Ces réformes nécessiteraient un accompagnement serré et une instance de contrôle et de régulation reconnue. l'OMNAS deviendrais donc l'Agence de Régulation des Formations aux Métiers de l'Animation et du Sport ( ARFAS).

 

Des pôles de compétence pour un principe de subsidiarité :

Par thématique et disciplines, notamment pour les APS, ces pôles permettraient une mutualisation et un regroupement des moyens, des compétences et des formations. Ceci s'accompagnerait d'une réorganisation de la carte de France des centres de formations et des UFR Staps avec la création d'équipes mixtes de formation (enseignants, formateurs, professeurs, chercheurs, ..)

 

 

Ce rapport et ses propositions ne font bien sur pas l'unanimité dans les deux ministères puisque chacun perdrait une partie de son pré carré pour un architecture qui même si elle se veut intégrée à l'Europe est plus « éducation nationale » qu' »éducation populaire ». Quid également des formation DEJEPS et DESJEPS qui ont débuté, On peut aussi s'interroger sur l'avenir du secteur des accueils collectifs de mineurs issus de l'éducation populaire. La professionnalisation du Bafa n'est plus une légende. Le professionnalisme à l'échelle européenne contre la spécification française de l'éducation populaire, à quand les animatrices bulgares et les moniteurs de ski polonais pour encadrer nos colos.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par OFAQ - Publié dans : Publications Journal de l'animation
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